Suis-je assez mal adapté à la société pour qu'on se sente obligé de me féliciter à chaque fois que j'ouvre la bouche? Certains me le font sentir. Je les déteste pour ce qu'ils sont, ils m'horripilent pour ce qu'ils représentent et ils me dévastent en amplifiant mes mauvais sentiments. Je sais que je peux être un peu étrange par moments, mais je ne suis pas socialement attardé.
Si je veux fuir ma situation actuelle, c'est qu'elle ne pourra jamais me convenir. J'y tiens une place microscopique qui provoque la pitié. Je préfère la mauvaise volonté à la pitié, vague concept totalement inutile consistant à monter à quelqu'un qu'il devrait s’apitoyer sur le sort qu'on lui réserve, qu'il ne pourra jamais échapper à son infériorité et que sa situation ne s'arrangera pas car le problème, c'est lui-même.
Je ne suis pas le problème. Je suis au mauvais endroit au bon moment, voilà tout. Beaucoup me croient bercé par mes propres illusions et ils n'ont pas tort. Ils n'ont pas cette lueur qui m'anime non plus. Mes rêves me tiennent en vie, ils me permettent de viser plus loin, de placer lentement mais sûrement les bases du destin que je me crée. Peut-être que je vise trop haut et ce ne sera jamais un problème, comme ça je pourrai avancer, expérimenter plus loin que si je restais dans mon petit monde connu et sécuritaire. Mes aventures sont cent fois plus rocambolesques dans ma tête. Ça me convient, puisqu'elles me poussent vers les prochaines, vers ce qui me portera un petit pas plus près de mes fantasmes.
J'ai commencé l'année avec un risque. Elle s'annonce truffée de risques encore plus grands, Janvier ne sera qu'un réchauffement. Tiens, justement, le faux printemps est arrivé. Comme quoi mes états internes influencent la réalité.
À ce moment distortionné, je vois le monde de travers.
mardi 15 janvier 2013
jeudi 10 janvier 2013
Risques
Mon dernier texte remonte à l'an dernier, à mon époque révolue d'inertie vitale. Eh bien voilà, j'y mets enfin fin. J'ai décidé de prendre au minimum trois énormes risques cette année.
Ceux qui me connaissent savent mon intérêt intarissable pour la photo, le mannequinat, bref tout ce qui me rejettera toujours de plus en plus fort. Si je ne m'y lance pas dès maintenant, ça n'arrivera jamais. Ça peut devenir une porte ouverte ou un porte claquée en pleine face.
Ceux-là encore et les autres ont eu vent de mes ambitions littéraires. Combien de temps me faudra-t-il avant de les concrétiser? Le temps d'écrire un truc qui en vaut la peine, de terminer quelque chose pour une fois, sans me débarrasser ou m'empêtrer dans la dentelle.
Moins encore me savent un enfoiré total du côté coeur. Cette année marque le changement. Je ne peux plus faire souffrir, me faire souffrir ou me sauver en courant au premier attachement.
J'ai opté pour l'empressement: À peine rentré de mon réveillon du 31 décembre, j'ai repris contact avec ma pire histoire pas réglée. Du bout des doigts sur mon clavier, j'ai sonné l'alarme et j'ai plongé tête première dans le trop connu, le trop flou et éternel recommencement. Je me sens mieux. Je fais la paix avec le passé et je l'intègre à mon futur. Mon premier risque découle de mes débordements amoureux, de tout ce qui aura marqué mon passé de son éternel n'importe quoi. Mon premier risque me libère dans le concret et me pousse à devancer les deux autres.
Car à bientôt vingt-cinq ans, je dois risquer avant de m'enliser dans mon inertie et de devenir la patate complexée que j'ai toujours redoutée. Patate dans le sens de tubercule inutile qui croît et puis vieillit sans déranger personne, sans exister autrement que dans une poutine oubliable.
À ce moment-là, je revois le monde de travers.
Ceux qui me connaissent savent mon intérêt intarissable pour la photo, le mannequinat, bref tout ce qui me rejettera toujours de plus en plus fort. Si je ne m'y lance pas dès maintenant, ça n'arrivera jamais. Ça peut devenir une porte ouverte ou un porte claquée en pleine face.
Ceux-là encore et les autres ont eu vent de mes ambitions littéraires. Combien de temps me faudra-t-il avant de les concrétiser? Le temps d'écrire un truc qui en vaut la peine, de terminer quelque chose pour une fois, sans me débarrasser ou m'empêtrer dans la dentelle.
Moins encore me savent un enfoiré total du côté coeur. Cette année marque le changement. Je ne peux plus faire souffrir, me faire souffrir ou me sauver en courant au premier attachement.
J'ai opté pour l'empressement: À peine rentré de mon réveillon du 31 décembre, j'ai repris contact avec ma pire histoire pas réglée. Du bout des doigts sur mon clavier, j'ai sonné l'alarme et j'ai plongé tête première dans le trop connu, le trop flou et éternel recommencement. Je me sens mieux. Je fais la paix avec le passé et je l'intègre à mon futur. Mon premier risque découle de mes débordements amoureux, de tout ce qui aura marqué mon passé de son éternel n'importe quoi. Mon premier risque me libère dans le concret et me pousse à devancer les deux autres.
Car à bientôt vingt-cinq ans, je dois risquer avant de m'enliser dans mon inertie et de devenir la patate complexée que j'ai toujours redoutée. Patate dans le sens de tubercule inutile qui croît et puis vieillit sans déranger personne, sans exister autrement que dans une poutine oubliable.
À ce moment-là, je revois le monde de travers.
vendredi 23 novembre 2012
Quelques pensées, vol.2
Quelques extraits de pensées:
Ses lèvres m'obsèdent. Je m'en fous, je ne veux que les effleurer du bout des doigts, les sentir, les explorer pour en percer le mystère, sans considération pour leur propriétaire. Sa bouche ondule selon ses paroles, libère une voix lointaine et inaudible, découvre l'extrémité d'une dent puis la recouvre, attise mon désir. Je devine sa langue, je ne regarde que ses lèvres sèches et tout de même sensuelles.
Je ne percerai pas leur mystère sans me pencher sur la personne en entier. Ark, j'aurais dû m'en tenir aux lèvres.
Le décolleté se doit d'être invitant. S'il ne fait qu'amplifier l'apparence des signes de vieillesse, il devient triste.
- Ça va?
- Pas pire.
... Pas pire? En toute honnêteté, qu'est-ce que cette réponse peut bien vouloir dire? En soi, elle révèle une base négative, voire double négative car elle note l'absence d'un sentiment négatif. Donc «pas pire», ça ne peut pas être «moyen», «mal», «correct», «neutre», «je ne veux pas en parler», «je pète le feu».
La prochaine fois qu'on vous donne cela comme réponse, essayez ceci:
- Ça va?
- Pas pire. Toi?
- Je ne suis pas un ananas.
N'importe quelle nouvelle chanson naît maintenant avec sa panoplie de remix. Avant de vous empresser de n'écouter que les remix, demandez-vous s'ils ajoutent vraiment quelque chose de profondément nécessaire à la chanson. Souvent, on la dénature, l'allonge et la recouvre de boum boum. Le message passe-t-il mieux ainsi?
- Comment faites-vous pour être si mince?
- Et vous, comment faites-vous pour être si belle?
J'avais tant envie de répondre cela à une dame complexée. Comment en est-on venus à faire croire à des personnes splendides qu'elles sont laides parce qu'elles ont des courbes?
Parfois, je me mets à fixer mon divan et je me dis que... En fait je ne me dis rien, parfois fixer dans le vide fait du bien et ça ne cache pas toujours des remous de pensée. Il faut apprécier le silence et lorsqu'on ne l'obtient pas, mieux vaut se le créer mentalement.
En réunion, chaque information se voit appuyée d'une à dix feuilles de papier non recyclé et qui ne le sera pas par la suite. À chaque fois, je repars avec au minimum une centaine de pages inutiles, le coeur gros.
Cette semaine, en réunion, j'ai pensé distribuer mon point de vue sur le respect de l'environnement gravé sur du styromousse, juste pour ironiser. J'ai beaucoup ri intérieurement, mais je ne pense pas que mes collègues auraient compris. J'inviterai un arbre comme témoin à la place.
À ce moment-là, je vois vraiment le monde de travers.
Ses lèvres m'obsèdent. Je m'en fous, je ne veux que les effleurer du bout des doigts, les sentir, les explorer pour en percer le mystère, sans considération pour leur propriétaire. Sa bouche ondule selon ses paroles, libère une voix lointaine et inaudible, découvre l'extrémité d'une dent puis la recouvre, attise mon désir. Je devine sa langue, je ne regarde que ses lèvres sèches et tout de même sensuelles.
Je ne percerai pas leur mystère sans me pencher sur la personne en entier. Ark, j'aurais dû m'en tenir aux lèvres.
Le décolleté se doit d'être invitant. S'il ne fait qu'amplifier l'apparence des signes de vieillesse, il devient triste.
- Ça va?
- Pas pire.
... Pas pire? En toute honnêteté, qu'est-ce que cette réponse peut bien vouloir dire? En soi, elle révèle une base négative, voire double négative car elle note l'absence d'un sentiment négatif. Donc «pas pire», ça ne peut pas être «moyen», «mal», «correct», «neutre», «je ne veux pas en parler», «je pète le feu».
La prochaine fois qu'on vous donne cela comme réponse, essayez ceci:
- Ça va?
- Pas pire. Toi?
- Je ne suis pas un ananas.
N'importe quelle nouvelle chanson naît maintenant avec sa panoplie de remix. Avant de vous empresser de n'écouter que les remix, demandez-vous s'ils ajoutent vraiment quelque chose de profondément nécessaire à la chanson. Souvent, on la dénature, l'allonge et la recouvre de boum boum. Le message passe-t-il mieux ainsi?
- Comment faites-vous pour être si mince?
- Et vous, comment faites-vous pour être si belle?
J'avais tant envie de répondre cela à une dame complexée. Comment en est-on venus à faire croire à des personnes splendides qu'elles sont laides parce qu'elles ont des courbes?
Parfois, je me mets à fixer mon divan et je me dis que... En fait je ne me dis rien, parfois fixer dans le vide fait du bien et ça ne cache pas toujours des remous de pensée. Il faut apprécier le silence et lorsqu'on ne l'obtient pas, mieux vaut se le créer mentalement.
En réunion, chaque information se voit appuyée d'une à dix feuilles de papier non recyclé et qui ne le sera pas par la suite. À chaque fois, je repars avec au minimum une centaine de pages inutiles, le coeur gros.
Cette semaine, en réunion, j'ai pensé distribuer mon point de vue sur le respect de l'environnement gravé sur du styromousse, juste pour ironiser. J'ai beaucoup ri intérieurement, mais je ne pense pas que mes collègues auraient compris. J'inviterai un arbre comme témoin à la place.
À ce moment-là, je vois vraiment le monde de travers.
samedi 17 novembre 2012
Le pouvoir des trois
Je nous revois tous les trois tout sourire, enfin pas vraiment parce que nous nous épuisons à être à part du reste, à se conforter dans notre personnage de groupe, notre unique façon d'être si nécessaire à notre bien-paraître, à cette désirabilité distante enviée par certains, crainte par d'autres, inutile au fond.
Je nous vois encore au centre de la grande pièce, point convergeant de tous les regards de la soirée. Deux têtes blondes reflétant la lumière tamisée du soir, une flamme entre les deux pour incendier l'imaginaire, pour embraser le désir de tous. Lorsque je paraphrase «trois têtes valent mieux qu'une», je dérive vers l'effet de meute, vers la mathématique complexe de nos complexes d'attention et de nos stratégies pour l'attirer.
Je ne nous vois jamais vraiment, je nous visualise plutôt d'après le mouvement environnant. Ma tête se remplit, se remémore les hommes aux yeux vissés à une bouche ouverte sur le monde, des garçons obnubilés par un regard inaccessible et alternant entre les chansonniers et ses deux acolytes, des filles malades de jalousie au point de se planter devant nous pour se dandiner, se pavaner, se mettre en valeur par notre absence des champs de vision.
Tous les trois, je nous sais improbables. Je nous veux intemporels, inimitables. Je nous veux encore et encore, pour toujours emportés dans mon délire, exponentiellement désirables aux yeux de tous, inscrits dans les souvenirs des passants et nourris par l'attention qu'on nous porte.
En y repensant bien, à ce moment-là, je vois le monde de travers.
Je nous vois encore au centre de la grande pièce, point convergeant de tous les regards de la soirée. Deux têtes blondes reflétant la lumière tamisée du soir, une flamme entre les deux pour incendier l'imaginaire, pour embraser le désir de tous. Lorsque je paraphrase «trois têtes valent mieux qu'une», je dérive vers l'effet de meute, vers la mathématique complexe de nos complexes d'attention et de nos stratégies pour l'attirer.
Je ne nous vois jamais vraiment, je nous visualise plutôt d'après le mouvement environnant. Ma tête se remplit, se remémore les hommes aux yeux vissés à une bouche ouverte sur le monde, des garçons obnubilés par un regard inaccessible et alternant entre les chansonniers et ses deux acolytes, des filles malades de jalousie au point de se planter devant nous pour se dandiner, se pavaner, se mettre en valeur par notre absence des champs de vision.
Tous les trois, je nous sais improbables. Je nous veux intemporels, inimitables. Je nous veux encore et encore, pour toujours emportés dans mon délire, exponentiellement désirables aux yeux de tous, inscrits dans les souvenirs des passants et nourris par l'attention qu'on nous porte.
En y repensant bien, à ce moment-là, je vois le monde de travers.
jeudi 1 novembre 2012
Absence
Peut-être la lune atténue-t-elle les marées de mon cerveau. Peut-être la vie se surcharge et me dépouille de mes temps libres. Reste qu'une telle éternité sans écrire ici ne s'excuse d'aucune façon.
Ne croyez pas que j'aie arrêté l'écriture. Mon manuscrit et mes tapuscrits ont émergé de mes boîtes. J'ai passé des semaines à me relire, des semaines à subir la torture de l'autocritique et des bévues stylistiques. Mon roman, celui dont je parle depuis des années, celui mariant la psychologie et la littérature et mon côté pas trop sain d'esprit, mon bébé de quelques centaines de pages couvertes des mêmes situations remâchées, je recrée mon bébé une nouvelle fois, la bonne je l'espère, celle qui ne me fera pas rougir de honte à la relecture, celle où ma pensée sera plus claire que dans ma tête, celle où ma voix sera intacte, où j'aurai mis tout ce dont je dispose.
J'y pense et je m'emporte. Je m'empêtre dans mes idées pour mieux trébucher en paroles. Ce roman ne verra peut-être jamais le jour, deviendra un best-seller ou un flop monumental. Ce projet me confirmera que je peux persévérer.
Cette semaine, je m'intègre dans un nouveau milieu après avoir obtenu une promotion. Je côtoie des dames d'âge respectable encore plus qu'avant et le contraste m'émeut presque, je les vois vieilles ou cramponnées à leur jeunesse et leurs idéaux, je les découvre dans leurs faiblesses, leurs forces incroyables et leurs vies éclatées, puis je me regarde avoir l'air de dix-sept ans et agir comme quarante, je me vois devenir autre, ne devenir personne en fait et j'ai peur, si peur de me perdre alors que le changement me stimule, que je vois l'opportunité de grandir enfin vers le haut, vers le mieux.
Ces derniers temps, mes rêves me hantent. Je dois les conquérir. Un changement en entraîne souvent bien d'autres. Dans le cas de mon nouveau défi, j'ai l'impression de stagner et de m'éloigner de moi, de mes buts et ambitions. Je peux encore entrevoir mon idéal, je peux encore ne pas me réveiller dans deux jours avec cent ans de plus avec la certitude de n'avoir jamais rien accompli.
Aventure, me revoici. Juste après la pause. D'ici là, j'observe des vieilles dames pour mieux me retrouver, je me cherche dans leurs histoires en espérant ne pas m'y reconnaître.
À ce moment-là, je vois le monde de travers.
Ne croyez pas que j'aie arrêté l'écriture. Mon manuscrit et mes tapuscrits ont émergé de mes boîtes. J'ai passé des semaines à me relire, des semaines à subir la torture de l'autocritique et des bévues stylistiques. Mon roman, celui dont je parle depuis des années, celui mariant la psychologie et la littérature et mon côté pas trop sain d'esprit, mon bébé de quelques centaines de pages couvertes des mêmes situations remâchées, je recrée mon bébé une nouvelle fois, la bonne je l'espère, celle qui ne me fera pas rougir de honte à la relecture, celle où ma pensée sera plus claire que dans ma tête, celle où ma voix sera intacte, où j'aurai mis tout ce dont je dispose.
J'y pense et je m'emporte. Je m'empêtre dans mes idées pour mieux trébucher en paroles. Ce roman ne verra peut-être jamais le jour, deviendra un best-seller ou un flop monumental. Ce projet me confirmera que je peux persévérer.
Cette semaine, je m'intègre dans un nouveau milieu après avoir obtenu une promotion. Je côtoie des dames d'âge respectable encore plus qu'avant et le contraste m'émeut presque, je les vois vieilles ou cramponnées à leur jeunesse et leurs idéaux, je les découvre dans leurs faiblesses, leurs forces incroyables et leurs vies éclatées, puis je me regarde avoir l'air de dix-sept ans et agir comme quarante, je me vois devenir autre, ne devenir personne en fait et j'ai peur, si peur de me perdre alors que le changement me stimule, que je vois l'opportunité de grandir enfin vers le haut, vers le mieux.
Ces derniers temps, mes rêves me hantent. Je dois les conquérir. Un changement en entraîne souvent bien d'autres. Dans le cas de mon nouveau défi, j'ai l'impression de stagner et de m'éloigner de moi, de mes buts et ambitions. Je peux encore entrevoir mon idéal, je peux encore ne pas me réveiller dans deux jours avec cent ans de plus avec la certitude de n'avoir jamais rien accompli.
Aventure, me revoici. Juste après la pause. D'ici là, j'observe des vieilles dames pour mieux me retrouver, je me cherche dans leurs histoires en espérant ne pas m'y reconnaître.
À ce moment-là, je vois le monde de travers.
vendredi 28 septembre 2012
Quelques pensées
Peu importe ce que nous avons pu partager par le passé, une rencontre impromptue ne garantit pas un bon moment. À s'accrocher au passé, à ses détails et quelques pointes de jalousie mal placée, nous oublions de s'intéresser à qui nous sommes devenus. Les gens changent, les relations s'éteignent.
Un maquillage naturel, si réussi soit-il, restera toujours un maquillage. Surtout sur un homme.
Écrire sans faire de fautes n'est pas nécessairement un gage de qualité. Certaines personnes écrivent très mal dans un respect total des règles de la langue. D'autres débordent de talent et laissent passer quelques bavures grammaticales quand même.
Tant qu'à boire un café décaféiné noyé dans cinq laits et dix sucres, bois un chocolat chaud.
Rechercher la perfection dans une nouvelle rencontre indique un échec assuré. Personne n'est parfait. Si tu cherches quelqu'un qui aimera tous tes petits défauts, arrange-toi pour aimer les siens d'abord.
Complimentez une vieille dame. Non seulement en sera-t-elle heureuse (dans le cas où vous lui dites quelque chose que vous pensez vraiment), mais en plus ça vous fera chaud au coeur. Donner le sourire à quelqu'un vous en donnera un aussitôt.
Certaines idées arrêtées peuvent vous aider à réagir vite dans certaines situations. C'est bien leur seule utilité. Les émettre entraîne un malaise, les promouvoir provoque un débat inutile et sans issue, les croire fermement mène à l'ignorance.
Si tu passes ton temps à te demander ce que l'autre pense de toi, tu ne pourras rien penser de cet autre. La paranoïa de la première rencontre (regarder ce que l'autre regarde, gratter le sens caché des phrases, fuir les sujets trop profonds, éviter de se dévoiler), ça tue l'envie qu'il y en ait une seconde.
Une vieille chanson peut rester actuelle. Une nouveauté peut être programmée pour être dépassée. Sachez apprécier les morceaux qui vous parlent et non ce qui joue ne boucle à la radio.
Un maquillage naturel, si réussi soit-il, restera toujours un maquillage. Surtout sur un homme.
Écrire sans faire de fautes n'est pas nécessairement un gage de qualité. Certaines personnes écrivent très mal dans un respect total des règles de la langue. D'autres débordent de talent et laissent passer quelques bavures grammaticales quand même.
Tant qu'à boire un café décaféiné noyé dans cinq laits et dix sucres, bois un chocolat chaud.
Rechercher la perfection dans une nouvelle rencontre indique un échec assuré. Personne n'est parfait. Si tu cherches quelqu'un qui aimera tous tes petits défauts, arrange-toi pour aimer les siens d'abord.
Complimentez une vieille dame. Non seulement en sera-t-elle heureuse (dans le cas où vous lui dites quelque chose que vous pensez vraiment), mais en plus ça vous fera chaud au coeur. Donner le sourire à quelqu'un vous en donnera un aussitôt.
Certaines idées arrêtées peuvent vous aider à réagir vite dans certaines situations. C'est bien leur seule utilité. Les émettre entraîne un malaise, les promouvoir provoque un débat inutile et sans issue, les croire fermement mène à l'ignorance.
Si tu passes ton temps à te demander ce que l'autre pense de toi, tu ne pourras rien penser de cet autre. La paranoïa de la première rencontre (regarder ce que l'autre regarde, gratter le sens caché des phrases, fuir les sujets trop profonds, éviter de se dévoiler), ça tue l'envie qu'il y en ait une seconde.
Une vieille chanson peut rester actuelle. Une nouveauté peut être programmée pour être dépassée. Sachez apprécier les morceaux qui vous parlent et non ce qui joue ne boucle à la radio.
mercredi 19 septembre 2012
Imagination
Ferme les yeux et comprends ce que tu vois. Un homme, une femme, autre chose, un poteau de téléphone ou un navet, tous te demandent de détourner le regard pour mieux les voir.
Tiens, le navet, par exemple. Laid, un peu gâté, terreux, il hésite à se donner une couleur. Son image n'évoque rien, sinon un légume comme les autres de son espèce. Et c'est plate pas à peu près au coup d'oeil, un navet.
Ferme les yeux. Ta grand-mère en bikini. Euh, oublie le bikini. Disons habillée jusqu'au cou, avec un tablier lilas et des mitaines de four assorties. Ça sent la soupe, chez elle. Sa soupe aux légumes, celle qui te remet sur pied lorsque tu es malade, celle dans laquelle tu te baignerais tellement tu l'aimes. Dans sa recette, elle utilise un navet tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Celui que tu voyais deux secondes plus tôt, par exemple.
Le poteau de téléphone, si tu t'approchais un peu de lui, tu y verrais gravé un coeur un peu croche avec JP+AUDREY écrit dedans. Bien que mal dessiné et à moitié effacé par le temps, tu te rappelles une Audrey qui fut ton amie, ton ex, ta coloc ou ton kick du secondaire.
Ce n'est plus un poteau ordinaire, pas plus que n'importe quel navet. Si tu passes ton temps à regarder avec tes yeux, ta vie va passer en un éclair banal, très banal et sans intérêt. Si tu te promènes les yeux fermés pour ne pas manquer un détail ou un sens caché, tu risques de te péter la gueule quelque part. Tout est une question de dosage.
Je regarde cette personne comme les autres. J'y vois un ancien patron, un confident, une opportunité de carrière, un ennemi juré, un parent, bref n'importe qui. Pourtant, je ne sais rien de son histoire. Il a peut-être fui la guerre des années auparavant, été amoureux d'une première dame qui a dû le laisser filer, participé aux Olympiques vingt ans plus tôt. De son côté, il ne sait rien de moi non plus. Il s'en fout, ça paraît. Il continue son chemin et ne regarde personne.
Cet homme est un navet comme les autres, dans dix minutes je l'aurai oublié complètement. D'autres croisent mon chemin plus souvent. Même en discutant avec eux, je ne saurai jamais leur vraie histoire. Je me crée alors différents scénarios, plaçant ces demis inconnus dans des situations rocambolesques au fil de mes émotions. Secrètement, j'espère qu'on me visualise ailleurs aussi. Comme ça, j'aurais une autre vie, d'autres aventures, loin de la banalité dans laquelle je commence à m'enfoncer. D'ici à ce que je la combatte vraiment, j'imagine le gars de l'entretien ménager en train d'apprivoiser un hippopotame.
À ce moment-là, je vois le monde de travers.
Tiens, le navet, par exemple. Laid, un peu gâté, terreux, il hésite à se donner une couleur. Son image n'évoque rien, sinon un légume comme les autres de son espèce. Et c'est plate pas à peu près au coup d'oeil, un navet.
Ferme les yeux. Ta grand-mère en bikini. Euh, oublie le bikini. Disons habillée jusqu'au cou, avec un tablier lilas et des mitaines de four assorties. Ça sent la soupe, chez elle. Sa soupe aux légumes, celle qui te remet sur pied lorsque tu es malade, celle dans laquelle tu te baignerais tellement tu l'aimes. Dans sa recette, elle utilise un navet tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Celui que tu voyais deux secondes plus tôt, par exemple.
Le poteau de téléphone, si tu t'approchais un peu de lui, tu y verrais gravé un coeur un peu croche avec JP+AUDREY écrit dedans. Bien que mal dessiné et à moitié effacé par le temps, tu te rappelles une Audrey qui fut ton amie, ton ex, ta coloc ou ton kick du secondaire.
Ce n'est plus un poteau ordinaire, pas plus que n'importe quel navet. Si tu passes ton temps à regarder avec tes yeux, ta vie va passer en un éclair banal, très banal et sans intérêt. Si tu te promènes les yeux fermés pour ne pas manquer un détail ou un sens caché, tu risques de te péter la gueule quelque part. Tout est une question de dosage.
Je regarde cette personne comme les autres. J'y vois un ancien patron, un confident, une opportunité de carrière, un ennemi juré, un parent, bref n'importe qui. Pourtant, je ne sais rien de son histoire. Il a peut-être fui la guerre des années auparavant, été amoureux d'une première dame qui a dû le laisser filer, participé aux Olympiques vingt ans plus tôt. De son côté, il ne sait rien de moi non plus. Il s'en fout, ça paraît. Il continue son chemin et ne regarde personne.
Cet homme est un navet comme les autres, dans dix minutes je l'aurai oublié complètement. D'autres croisent mon chemin plus souvent. Même en discutant avec eux, je ne saurai jamais leur vraie histoire. Je me crée alors différents scénarios, plaçant ces demis inconnus dans des situations rocambolesques au fil de mes émotions. Secrètement, j'espère qu'on me visualise ailleurs aussi. Comme ça, j'aurais une autre vie, d'autres aventures, loin de la banalité dans laquelle je commence à m'enfoncer. D'ici à ce que je la combatte vraiment, j'imagine le gars de l'entretien ménager en train d'apprivoiser un hippopotame.
À ce moment-là, je vois le monde de travers.
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